Comment revêtir les fauteuils

Tapisser un meuble est une opération qui peut aller du simple changement de revêtement (tissu, tapisserie, cuir) jusqu’à la réfection totale de la garniture, voire même la réparation éventuelle des bois.

En général, on ne retapisse pas un meuble très souvent car c’est une opération onéreuse et qui abîme les bois. Il est donc préférable de la réaliser entièrement, c’est-à-dire de tout changer, y compris les sangles, sous peine d’être obligé de recommencer le travail au bout de quelques années.

Préparation du travail

Il faut avant tout dégarnir le meuble et le réparer. Cette partie du travail doit être exécutée avec beaucoup de soin car elle conditionne la durée de l’oeuvre entreprise.

Le dégarnissage d’un meuble s’effectue toujours dans l’ordre suivant :

  • le galon ou les clous
  • les semences

Le galon

Le dégarnissage d'un fauteuil

Le dégarnissage d’un fauteuil

Enlever d’abord le galon ou les clous dorés du pourtour du siège. Il est recommandé de conserver ces derniers qui sont réutilisables. On remplacera seulement les manquants par quelques neufs vieillis artificiellement que l’on trouve, ainsi préparés, dans le commerce.

Les semences

On retire ensuite très soigneusement les semences qui maintiennent le tissu sans le déchirer. Il servira de patron pour découper le revêtement neuf et permettra de déterminer le métrage nécessaire.

Pour enlever les semences, on utilise un ciseau à dégarnir ou un vieux tournevis. Celui-ci sera large et l’on aura rendu sa pointe assez mince pour pouvoir l’introduire facilement sous les têtes des semences. Il est aussi souhaitable que sa tige soit très courte.

Quand on a terminé le fond, on dégarnit de la même façon les manchettes et le dossier.

On retire ensuite et successivement en faisant toujours attention à ne pas abîmer le bois :

  • la toile blanche que l’on changera si elle est en mauvais état, ce qui est très souvent le cas
  • la toile d’embourrure et le crin : on essaie dans la mesure du possible de les laisser ensemble en évitant tout déplacement du crin
  • éventuellement les ressorts en coupant les lacets qui les maintiennent aux sangles ainsi que les cordes servant à les tendre
  • les sangles si leur solidité paraît douteuse

Choix du tissu

Le tissu sera choisi en tenant compte du style du meuble et des couleurs de la pièce où l’on désire le placer. Mais le goût de chacun joue en définitive le rôle primordial.

Il faut noter cependant qu’un tissu à rayures est très difficile pour un amateur. En effet, un revêtement ne sera pas parfait que s’il est bien tendu et on a toujours tendance à tendre plus un coté que l’autre. Les rayures se présentent alors de biais par rapport à l’axe du siège ou du dossier et le travail est à recommencer.

Pour connaitre le métrage de tissu nécessaire à la réfection d’un fauteuil, on mesure l’ancien revêtement en ajoutant 3 cm sur le pourtour.

Réfection des garnitures

Il faut en premier lieu remettre les sangles. Celles-ci sont coupées à la largeur et à la profondeur du siège, augmentées de 5 cm. On commence par les fixer l’une contre l’autre sur deux côtés voisins du châssis en employant pour chacune 3 à 4 semences de n° 12. On prend soin de replier quelques centimètres à chacune des extrémités. On réalise ensuite une sorte de damier en faisant passer alternativement au-dessus et au-dessous les sangles qui croisent.

Les sangles doivent être bien parallèles. On les tend soit à la main, soit à l’aide d’un tire-sangle d’abord du fond vers le devant, puis du côté gauche vers le droit, le siège étant retourné.

On repose ensuite la garniture dont il existe plusieurs sortes : crin avec ou sans bourrelet, ressort ou mousse plastique. On place aussi parfois un coussin peu épais de mousse sur un rembourrage de crin.

En crin sans bourrelet

Il est difficile pour un amateur de poser des sangles parfaitement l’une contre l’autre. On doit donc lui recommander de tendre une toile forte sous le châssis du siège avant même de les fixer. Cependant, si les sangles sont fixées dans une feuillure, il faudra mettre la toile forte au-dessus. Cela évite que le crin passe dans les intervalles qu’on aurait laissés volontairement ou involontairement.

On remet alors le crin avec l’ancienne toile d’embourrure si celle-ci est en bon état et que l’on a pris soin, lors du dégarnissage, de les laisser cousus ensemble.

Dans le cas contraire, il faut placer le crin à plat sur une épaisseur régulière. On doit éviter qu’il fasse ds bourrelets et pour cela détordre les mèches qui auraient pu se former. Il faut cependant le manipuler avec beaucoup de précaution et le moins possible pour ne pas le casser.

En crin avec bourrelet

Pose de la toile d'embourrure

Pose de la toile d’embourrure

Procéder comme précédemment, puis fixer le bourrelet sur la toile d’embourrure à l’aide d’un lacet. C’est le procédé le plus simple, mais on peut aussi se servir du crin pour faire un bourrelet ; cela exige cependant une certaine habilité.

A ressorts

Les ressorts rendent les fauteuils plus confortables mais sont à déconseiller pour les sièges anciens, parce qu’ils ne sont utilisés que depuis une époque récente et qu’ils font “travailler” le tissu en provoquant une usure rapide des soieries et des tapisseries.

Si cependant le siège à refaire en comporte et que l’on désire les conserver, on commence par les fixer sur les sangles, en rangées très régulières, par quelques points de lacet.

On cloue ensuite légèrement deux semences de n° 12 sur le bâti et dans l’alignement de chaque rangée. On coupe alors des cordes de tension à environ deux fois la largeur du siège.

On en laisse déborder un quart du côté gauche, puis, après avoir entouré les semences, on fait un nœud à la troisième spire vers le bas et à gauche du premier ressort rencontré. On remonte immédiatement à la droite de la spire supérieure. On fait encore un nœud avant de passer au ressort suivant que l’on lie deux fois par le haut. On continue à ce niveau avant de redescendre pour accrocher la troisième spire droite du dernier ressort et laisser encore une longueur de corde de rappel après les semences.

On repart alors avec les cordes de rappel restées libres de chaque côté pour renouer de nouveau toutes les branches des spires supérieures que l’on rencontre.

On obtient ainsi un siège souple qui n’a pas trop tendance à se déformer parallèlement.

Pour donner plus de rigidité à l’ensemble, on place de la même façon des cordes dans les intervalles de chaque rangée de ressorts et on termine en en posant encore d’autre en diagonale. On fait un nœud chaque fois que l’on rencontre, au cours de ce travail, soit une corde, soit une branche de ressort.

On met ensuite une légère épaisseur de crin puis une toile forte (fixée au châssis par des semences) et on les réunit l’un à l’autre par quelques points de lacet pour empêcher le premier de se déplacer. Si la garniture comporte un bourrelet, on coud celle-ci, comme il a été dit un peu plus haut.

En mousse plastique

Ce genre de garniture simplifie beaucoup le travail en supprimant le crin et les ressorts. Il est très pratique à utiliser pour des meubles modernes ou rustiques.

Les sangles étant posées, on découpe un coussin de mousse épais de 5 cm à la forme du siège en ajoutant 5 cm en tous sens. Ce complément dans les dimensions permettra de pratiquer un léger serrage qui donnera plus d’épaisseur et plus de souplesse au siège.

Il n’y a plus besoin de toile d’embourrure et on fixe directement la toile blanche pour maintenir le coussin sur le châssis.

Pose du tissu

Un fauteuil revêtu

Un fauteuil revêtu

Le nouveau tissu est, comme on l’a dit, découpé aux mêmes formes que l’ancien qui a servi de patron. On a cependant pris soin d’augmenter toutes les dimensions de 3 cm.

Attention lors de la découpe aux motifs principaux du décor, il est en effet indispensable de les placer exactement au milieu du dossier ou du siège.

Pour la pose, on fixe le tissu sur le haut du dossier à l’aide de quelques semences peu enfoncées et on le tend vers le bas puis on fait de même d’un côté vers l’autre.

On continue ce travail pour le siège en commençant par le fond et pour les manchettes en fixant d’abord la partie arrière. Lorsque le tissu, ainsi tendu par quelques semences, se présente bien, on termine en enfonçant définitivement ces dernières et en en plaçant d’autres à 7 ou 8 cm environ l’une de l’autre sur le pourtour, après avoir rentré vers l’intérieur les quelques centimètres de tissu qui dépassent le gabarit du siège.

7 commentaires

  1. Stéphanie Hebert Tinel
  2. Karine Bénard-Le Moal
  3. BORIS

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