Comment fabriquer un Vaisselier Charentais de bonne proportion

Le Vaisselier Charentais, lui, une création spontanée, un exemple parfait de la rencontre d’une fonction et d’un besoin. Il est avant tout le symbole d’une émancipation, celle du paysan français.

Les caractéristiques du Vaisselier Charentais

Le bois utilisé

Le bois employé est toujours le Cerisier ; quelques éléments isolés peuvent être en Châtaignier, les fonçures en  Peuplier, mais la partie visible ne déroge jamais du bois fruitier. Deux portes et deux tiroirs assez sobrement moulurés en doucine, des panneaux sans plate-bande confèrent au corps inférieur du meuble, un aspect un peu plat, relevé par la patine très claire et transparent du Cerisier souvent intelligemment utilisé avec des effets de veinage bien systématiquement assortis.

Les ferrures

Les ferrures sont également simples, longues fiches ou paumelles lardées, entrées découpées et ajourées.

Les traverses

Les traverses du bas sont chantournées d’un dessin très vigoureux avec des méplats très nets succédant à des courbes très pleines. Parfois, au centre, de cette traverse trouve-t-on un motif décoratif très simple, rose des vents à quatre branches, motif végétal en incrustation de bois clair Poirier, Frêne, pratiquement jamais de sculpture ou, à la rigueur un éventail en très faible relief.

Elles sont aussi rarement ornées et toujours largement découpées en “arbalette” avec des francs méplats.

Les pieds

Pied d'un Vaisselier Charentais

Pied d’un Vaisselier Charentais

Les pieds amorcent courbes et contre-courbes, mais restent bas et tronqués.

La partie supérieure

La partie supérieure est nettement plus intéressante, c’est sur sa facture que se cristallise le caractère précis de ce meuble.

Les rangs d’étagères

Les trois rangs d’étagères sont immuables, avec une galerie maintenue par de petits montants. Des rainures sur les étagères évitent le glissement des assiettes.

L’architecture de la corniche et du fronton

La corniche forme surplomb, le fronton est découpé en baldaquin selon un dessin rappelant la traverse du bas. A chaque angle, un “turlupet” en pendentif, sorte de motif décoratif obtenu par découpage sur quatre faces ou par tournage.

Ce détail est important, tout comme les longs patins chantournés en doucine allongée par lesquels le corps supérieur repose sur le plateau du corps inférieur, parfois sans assemblage ni cheville.

Les tiroirs

Notons ensuite la présence de deux tiroirs de chaque côté du vaisselier, tiroirs profonds et carrés, sans recherche, qui glissent tout simplement sur le plateau du bahut. Entre ces tiroirs s’ouvre une niche en “chapeau de gendarme” ou toute autre forme, obtenue par chantournage.

Sur le plan décoratif

Un vaisselier charentais

Un vaisselier charentais

Il est intéressant de noter que réunis des éléments inspirés du style Louis XVI, notamment les ferrements et parfois des motifs à gorge dans les montants latéraux et le montant central toujours fixes (par opposition à de nombreux bahuts et vaisseliers où existe au centre un faux montant faisant en réalité partie d’une porte).

Ainsi, les rappels du style Louis XV coexistent. Ce sont les traverses en “arbalette”, les panneaux de portes en demi-accolades, les pieds en courbes et contre-courbes.

Ces références ont leur importance puisqu’il est rarissime de trouver un de ces vaisseliers dont l’ancienneté puisse monter au-delà du début du XIXème siècle plus précisément à l’époque de Louis Philipparde.

Ajouter un commentaire